Le Camping

 

Camping Saint-Agil

 

 16 emplacements
Types d'emplacements : tentes, caravanes, camping-cars

Découvrez ce petit camping qui vous propose un terrain ombragé à proximité d'un étang de pêche.
Plusieurs emplacement sont disponibles et de nombreux services à moins d'un kilomètre du camp.

Informations

Animaux autorisés, Ombragé

Acces

De Paris, A 11 sortie Nogent-le-Rotrou dir. La Bazoche-Gouët, Mondoubleau.

Equipements

Pétanque - Restaurants à proximité - Boulangerie

Loisirs

Location de caravanes - Animaux admis - Location de vélos à proximité

Activites

Jeux pour enfants, pêche, randonnées, Ferme de découverte. Aux alentours découvrez la région, son patrimoine naturel, sa faune et flore

Tarifs

 

 

Arville

 

La Commanderie d’Arville fondée par les Templiers au début du XIIe siècle, la commanderie la mieux conservée de France.

Ensemble de bâtiments des XIIe, XVet XVIe siècles. Porte fortifiée, grange dîmière, pigeonnier, jardin médiéval et église templière

 

Site Internet : www.commanderie-arville.com

 

Choue

 

Le manoir d’Alleray s’élève sur le plateau entre Mondoubleau et St Agil, à quelque 4 km au Nord-Ouest du village de Choue. Il est l’oeuvre de la famille de Vendômois, qui entre en possession du fief dans la première moitié du XVème siècle.

 

 

 

 

 

La chapelle de Guériteau : Vers 1240, les Bénédictins, qui avaient un prieuré dans l'enceinte du château de Mondoubleau, ayant dû l'abandonner, s'installèrent près de Choue. Des constructions ne subsiste que la chapelle. Le pignon occidental est percé d'une porte à double archivolte en tiers-point et cordon en saillie, à chanfrein.

 

 

 

Souday

 

L'église de Souday : En 1886, une très belle fresque de la fin du XIIe s. est découverte. Elle était recouverte d’un enduit de mortier et de plusieurs couches de badigeon. Elle est située actuellement au-dessus du lambris moderne.

La crypte est divisée en deux chapelles :
- la chapelle Saint-Jean-Baptiste servait de chapelle sépulcrale aux seigneurs de Souday. Les murs sont ornés de peintures des XVIe et XVIIe s.

 

Mondoubleau

Site Internet

 

Sarge sur Braye

Site Internet

 

EGLISE DE SAINT-AGIL

                Sanctus Agilus in Belsia 1135 (Cart. de Tiron), Saint-Agy XVIIè siècle (chartrier de Saint-Agil). – Bourg et commune du canton de Mondoubleau à 7km. Au Nord de ce chef-lieu, à 35km. de Vendôme et à 67km. de Blois. Cette commune est bornée au Nord par celles d’Oigny et d’Arville ; à l’Est, par celles de la Fontenelle et Boursay ; au Sud, par Boursay et Choue ; à l’Ouest, par Souday.

                Elle est arrosée par le petit ruisseau de Pontrond qui prend sa source sur son territoire et va se jeter dans la Grenne après avoir séparé Saint-Agil de Boursay sur un parcours de 2 km. Elle est traversée par la route départementale de Brou à St-Calais par Mondoubleau. Cette route, entre Mondoubleau et St-Agil, aurait été construite, à frais communs en 1789, par M. Augrand d’Alleray, seigneur de St-Agil, et M. d’Estournel, commandeur d’Arville (abbé Blanchard, Perche et Percherons, p.323). Sa station la plus proche est celle de Boursay, (4km) sur la ligne de Paris à Bordeaux, par Chartres, Saumur, Niort et Saintes (Etat), (M. de St-Venant, Dre Vendômois, T.3, p. 256 et 259).

                M. l’abbé Chambois, dans sa « Vie de St-Agil », nous dit que St-Agil, appelé aussi Aile, patron de la paroisse, d’après l’opinion la plus commune naquit à Port-sur-Saône en 580 sous le règne de Childebert II roi d’Austrasie et de Bourgogne, dont son père était grand officier. En 587, Saint Colomban, illustre moine d’Irlande, vint en Austrasie pour obtenir du roi un lieu favorable à l’érection d’un monastère. St-Agil entra fort jeune encore au monastère de Luxeuil en Bourgogne, que gouvernait alors Saint-Colomban. Il y eut aussi pour maître Saint-Eustase, successeur de Colomban qui, poursuivi par la haine de la reine Brunehaut, avait dû quitter le monastère de Luxeuil. Il devint ensuite premier abbé de Rebaix, monastère nouvellement construit par St-Ouen au diocèse de Meaux. Là, il fut le maître de Saint-Philbert, premier abbé du monastère de Jumiège ; il mourut à 67 ans le 30 août 650 ; on le fête le 31 août ; son couvent de Rebaix est aujourd’hui détruit, mais le Saint est toujours en grande vénération au diocèse de Meaux sous le nom de St Aile (de St-Venant déjà cité).

                L’abbé Chambois rapporte aussi que la légende lui attribue un très grand nombre de guérisons miraculeuses. Il fut aussi en relations avec Dagobert 1er et avec St-Ouen, son premier ministre, lequel succéda plus tard à St-Romain au trône épiscopal de Rouen.

                Saint-Fiacre, second patron de St-Agil, vivait également au VIIè siècle ; il était fils aîné du roi d’Ecosse (Eugène IV), il refusa la couronne à la mort de son père et préféra la vie religieuse. Il fonda une Cella ou ermitage au diocèse de Meaux, s’occupant de travaux de jardinage… il mourut vers 1670, on le fête le 30 août. Il a été pris pour patron par les jardiniers.

                L’église de St-Agil et de St-Fiacre (classée) est du XIIe siècle. Une chapelle latérale couverte d’une voûte de pierre lui a été ajoutée en 1547. Cette église possède une jolie crédence de la Renaissance et un vitrail du XVIe siècle (classés) et un reste de litre intérieure (1).

  1. (1)Bandes que certains seigneurs avaient le droit de faire peindre au dedans ou au dehors des églises et sur lesquelles ils faisaient aussi peindre leurs armoiries.

                La flèche octogonale signalée par de Beauvais de St-Paul, laquelle reposait sur la charpente de la toiture de l’église, a été remplacée par un clocher moderne construit en 1886 en avant du portail et sur le porche de l’église ; la cloche est de l’année 1861 ; elle a été bénite par Mgr Louis-Théophile Pallu Duparc, évêque de Blois. Elle en remplaçait une autre qui avait été bénite en 1837 par l’abbé de la Motte, chanoine dignitaire de St-Denis… S’il faut en croire l’abbé Brès, curé de Souday, et ses notes manuscrites, la paroisse de St-Agil aurait été fondée par les seigneurs du lieu en l’an 809. Il prétend que la preuve s’en rencontre dans les anciens titres de l’abbaye de St-Avit (de St-Venant T.3 p 261). Les seigneurs étaient fondateurs de l’église du lieu avec droit de sépulture dans le chœur, tombe, banc et accoudoir, armes et armoiries, ceinture funèbres (litres tant en dedans qu’au dehors).

                Le château de St-Agil est dans une enceinte carrée de douves d’environ 40 mètres de côté et d’une largeur de 15 mètres environ. On y trouve, paraît-il, des traces d’une construction primitive datant du XIIIe siècle. La masse des bâtiments est du XVe siècle, mais au XVIIIe siècle, elle a été privée de ses fenêtres à meneaux, remplacés par d’autres plus modernes. La partie la plus remarquable est le donjon-portail flanqué de deux gracieuses tourelles, briques et pierres à appareil réticulé. Ce portail est d’un charmant effet et fait honneur à son constructeur qui, paraît-il, fut Antoine de la Vove, chanoine de Chartres, frère et oncle du possesseur (1510 à 1529).

                Au XIXe siècle, la famille de St-Maixent a augmenté l’aile de l’ouest par une construction dans le style de la Renaissance d’un assez heureux effet. Le premier seigneur de St-Agil qui soit connu par les chartes, Mathieu, vivait au XIe siècle et non au XIIe siècle, comme l’indique le bulletin Dunois (T.9 p 172). Il fit don de l’église de St-Agil aux religieuses de St-Avit de Châteaudun…(même auteur p.261).

                La propriété de St-Agil demeura aux mains des de la Vove jusque vers 1619. Elle passe ensuite aux mains de René de Langan par son mariage avec Marie de la Vove. De la famille de Langan, elle passa aussi par mariage aux mains de Charles du Plessis, seigneur de Périgny Hautefeuille et Malicorne. Enfin, après plusieurs autres transmissions, nous trouvons en 1818 le château de St-Agil aux mains de la famille Taillefumyr de St-maixent, originaire du royaume de Hongrie et établie en France depuis plusieurs siècles, qui l’avait acquis d’un sieur Sellière, ancien fournisseur des armées. La famille de St-Maixent en est toujours propriétaire. Il est aujourd’hui (1932) aux mains de dame Marie de Taillefumyr de St-Maixent, veuve de Monsieur Antoine de Lignaud, Marquis de Lussac (même auteur p.266 T.3) et abbé Blanchard (Perche et Percherons, P.406).

                Au temps où René de Langan était seigneur de St-Agil, le château, vers 1580, fut pillé par les protestants, et encore en 1595, époque où il fut de nouveau saccagé par des gens de guerre (Dre Vendômois T.3 p.264) St-Agil eut encore à souffrir plusieurs fois, au XVIIe siècle, du passage des gens de guerre, notamment en 1638, époque où passèrent deux régiments, celui de Sauveboeuf et celui de lusignan, qui prirent, pour se chauffer, les bardeaux des couvertures des maisons.

                En 1649, les soldats du régiment royal pillèrent l’église de St-Agil et le presbytère et pareil fait se renouvela quelques années plus tard et pire encore, ce qui motiva l’envoi de procureurs à Château-du-Loir, siège de l’élection, pour demander exonération de la taille.

                Il n’y avait jadis à St-Agil et dans les hameaux alentours, un nombre considérable de « tissiers » en toile et de fabricants de serge, notamment à Villebeautru et Coulonges (Dre Vendômois déjà cité T.3 p.267).

                Cette industrie est depuis fort longtemps disparue.

                En novembre 1870, la commune eut beaucoup à souffrir de l’invasion prussienne. Il y eut là, le 24 novembre, un combat de francs-tireurs et de gardes nationaux qui ne laissa pas que gêner l’ennemi (Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1875, pp. 127 à 137).

                On trouve à St-Agil au XVIe siècle, un St-Julien Talligot vicaire et maître d’école (Abbé Blanchard, Perche et Percherons). Les registres paroissiaux commencent en 1598. Altitude environ 200m. Résidence d’un notaire dont le titulaire actuel est Me Morin, successeur de Me Perret.

                Bureau d’enregistrement à Mondoubleau.

                Bureau de poste tenu par un facteur-receveur.

                Perception de Mondoubleau depuis 1926.

                St-Agil possède deux écoles publiques, une pour les garçons et une pour les filles, et une école privée.

                En 1911, la commune de St-Agil avait une population globale de 623 habitants.

                Dans la statistique générale de 1932, nous avons relevé les chiffres suivants : Population globale 547, dont 189 dans le bourg ; 25 à la Galanderie et le surplus dans les fermes et les maisons disséminées dans la campagne.

                Nombre de maisons : 72 dans le bourg et 10 à la Galanderie.

                Nombre de ménages : 89 au total

                Nombres d’électeurs : 164

                Superficie totale 1509 Ha, 11 Aa, 91 Ca, dont 1163 Ha, 85 Aa, 26 Ca en terre labourables ; 111 Ha, 22 Aa, 98 Ca en prairies naturelles et 292 Ha en trèfles ; 62 Ha en plantes fourragères ; betteraves, 42 Ha ; pommes de terre, 20 Ha ; bois, taillis et futaies : 171 Ha, 94 a, 95 Ca.

                CHEPTEL. – 68 juments, 68 chevaux, 19 ânes, 285 vaches, 138 génisses, 520 moutons ou brebis, 20 chèvres, 22 porcs et 42 porcelets.

                Industries autres que l’agriculture : 7 batteuses à moteur d’un rendement de 80 quintaux par journée.

2ème APPENDICE

relatant les créations réalisées, les principaux évènements survenus de 1840 à 1932, et diverses constatations additionnelles concernant les années antérieurs à 1837.

Sanctus Agilus, A 8kms. N. N. E. de Mondoubleau, était anciennement de l’archidiaconé de Châteaudun et du diocèse de Chartres. La cure était à la présentation de l’abbesse de Saint-Agil, près Châteaudun. Mme de Pierces de Fontenailles, morte le 27 janvier 1789, fu la dernière abbesse qui nomma à cette cure. Mre Eloy-Marie Georget fut présenté par elle le 30 avril 1784 (V.Appendice).

Ce petit village, assez coquet, consiste en une seule rue longeant les deux côtés de la route de Saint-Calais à Paris.

Le nouveau presbytère qui vient de s’élever sur les ruines de l’ancien, tout en offrant un logement agréable et commode au desservant de la commune, embellit en même temps le village d’une jolie maison de plus.

Le bourg comptait, dans le 13ème siècle, 60 habitants ; il en comprend aujourd’hui 113 ; la campagne 558 ; en total, 671.

Les tables décennales, de 1823 à 1833, présentent 230 naissances, 58 mariages et 193 décès.

L’église, située au milieu du bourg, à peu de distance de la route, n’offre rien de remarquable à l’extérieur ; de même que presque toutes les églises du canton, elle est surmontée d’une flèche effilée à huit pans, dont la base adhère à la charpente de la toiture. Cette église, repeinte et décorée nouvellement à l’intérieur, renferme une belle chapelle dédiée à la saint Vierge, dont la voûte est en pierre avec des nervures prismatiques et des pendentifs terminés par des écussons aux armoiries des fondateurs. Ses fenêtres ogives offrent, dans leurs compartiments, des vitraux peints représentant la naissance de J.-C., l’adoration des Mages et la présentation au Temple. Le millésime, gravé extérieurement sur la porte d’entrée, nous apprend que cette chapelle a été bâtie en 1547.

Au – dessus de l’ancien banc seigneurial, un marbre scellé dans le mur est revêtu de l’inscription suivante :

Vocant ad aethera

Duo precursores filioli

Aspice florem agrorum, quomodo

Crevit, statimque in clibanum versa

Est Catharina Genovefa de Verthamon

D’Ambloy. Obiit anno Domini millesimo

Septengentissimo quadragesimo

Die decima septimâ mensis novembris,

Minor annis vigentis duobus uno mense

Et filii obierunt alter anniculus ;

Alter quâ die vixit fuit.

Haec posuit luctuosae orbitatis

Insignia maetissimus et pater

Et conjux Dionisius Franciscus

Angran d’Alleray in suppremâ

Curiâ senator.

Requiescat in pace ! (1)

  1. Appelée au ciel par ses deux jeunes fils qui l’ont précédée, voyez comme fleur des champs s’est épanouie et desséchée aussitôt, par un souffle brûlant, Catherine-Geneviève de Verthamon d’Ambloy. Elle mourut le 17 novembre de l’an de J.-C. 1740, avant d’avoir atteint 22 ans. Dans un seul mois avaient succombé ses deux fils, l’un après un an de vie, l’autre après un jour, qui fut son jour de mort. Denis –François Angran d’Alleray, conseiller au Parlement de Paris, dans sa douleur de père et d’époux, éleva ce monument de deuil et de regrets.

Qu’elle repose en paix !


En tête de ce marbre sont gravées les armoiries de la famille Angran d’Alleray : d’azur à trois chevrons d’or posés l’un sur l’autre, accompagnés de 3 étoiles de même.

Au bas de l’écusson, on voit une fleur allégorique qui, à peine épanouie, se penche, se sèche bientôt sur sa tige et meurt.

L’église, sous l’invocation du saint dont la paroisse a pris le nom, fut fondée par les seigneurs du lieu, à une époque que nous ne pouvons préciser. Saint Fiacre (2), second patron de cette église, donne lieu à une fort belle assemblée qui tient le dernier dimanche du mois d’août.

  1. (2)En 1650, un nommé Sauvage établit à Paris des carosses publics, et comme il logeait à l’image de Saint-Fiacre, on appela ces voitures des Fiacres. 

Comme celle de la saint Jean-Baptiste de Baillou, cette assemblée emprunte son principal agrément du voisinage du château, dont les beaux jardins sont ouverts à l’empressement des curieux et des promeneurs. La jeunesse y trouve de frais ombrages et de charmantes salles de verdure pour s’ébattre et se livrer au plaisir de la danse… Vous pouvez y remarquer le sans-gêne de quelques bons villageois qui dansent en blouse sans ceinture. Ce sarrau classique, vêtement plus que négligé, contraste étrangement avec la mise fraîche et coquette des jeunes villageoises toujours préoccupées du désir de plaire…Cette jeunesse folle et rieuse qui tourbillonne sans cesse sous les voûtes feuillues des grands arbres aux sons discordants des violons ; ces groupes épars de promeneurs que l’œil de l’observateur perd, retrouve, perd de nouveau et retrouve encore derrière les épais massifs ; cette foule bigarrée, en habits de fête, qui se précipite, se mêle, se croise, se coudoie, s’éparpille et se colore çà et là aux rayons empourprés d’un beau soleil couchant du mois d’août, présentent un spectacle, vu des fenêtres du château, des plus gais, des plus variés, des plus divertissants… La nuit survient, mais avant qu’elle ait étendu son réseau d’ombres sur cette scène animée, tournoyante, l’heure de la retraite a sonné. La musique se tait ; les contre-danses finissent ; les jeunes filles quittent à regret le velours des pelouses froissées sous leurs pas légers ; les amours désertent les bosquets ; les promeneurs quittent les sentiers fleuris ; les flots mouvants de la multitude s’écoulent, se dispersent, se dissipent et la grille se referme. Alors le calme succède à l’agitation, le silence au bruit, la fraîcheur d’une belle nuit à l’ardeur d’un beau jour ; mais pour la jeunesse toujours avide et insatiable de plaisir, les tentes de toile grise, dressées au village, ont bientôt remplacé les dômes de verdure du château.

La Seigneurie de la paroisse était annexée au château de Saint-Agil, qui se trouvait compris dans la circonscription de la baronnie de Mondoubleau, comme le confirme un aveu rendu par Jean de la Vove, à François de Bourbon, comte de Vendôme et seigneur de Mondoubleau, pour la terre et seigneurie de Saint-Agil, avec le dénombrement de sujets, en date du 24 mars 1484.

               Le château, en 1484, ne se composait peut-être que des vieux bâtiments situés sur l’arrière-cour. L’encorbellement qu’on y remarque ; les feuilles frisées, ou crochets, placées le long des frontons ; les syrènes et autres figures bizarres qui ornent les angles ; les gargouilles saillantes, terminées par des têtes d’animaux, nous semblent dériver d’une architecture plus ancienne que celle de la façade du château. Le grand pavillon, ou donjon, formant avant-corps avec les deux tourelles dont il est flanqué, bien qu’il rappelle les châteaux du 12e siècle, appartient, par son style mixte, à l’architecture de la renaissance : il est de très-peu antérieur à la chapelle de la Vierge, dont nous avons déjà parlé, fondée, en 1547, par un sire de la Vove, seigneur du lieu, fils ou petit fils de Jean de la Vove, cité plus haut.

                Ce fils ou petit-fils de Jean de la Vove s’est fait représenter, comme constructeur du château, sur le bas-relief du donjon au-dessous de la principale fenêtre. Ses cheveux courts, sa barbe longue, la cuirasse dont il est couvert, les gantelets qu’il porte, composent un costume du temps de François 1er. Sa main droite est appuyée sur un écusson chargé de 6 besans d’argent, 3, 2, et 1 (1) ; au-dessous, sont gravées les initiales M. A. DE. LA. V. Les cinq dernières lettres ne peuvent laisser aucun doute sur l’identité du nom.

  1. (1)De la Vove était une très-ancienne maison au Maine où est situé la terre de ce nom. Elle tenait aux principales maisons de France. Ses armoiries étaient : de sable à 6 besans d’argent, 3, 2, et 1. Ces mêmes armoiries se trouvent reproduites dans plusieurs endroits de l’église de St-Agil, et particulièrement à la voûte de la chapelle de la Vierge.

Nous sommes porté à croire que le constructeur de la partie la plus remarquable du château a été le fondateur de la chapelle de la Vierge ; du moins l’architecture de ces deux édifices appartient à la même époque, et les armoiries qui y sont jointes sont absolument les mêmes.

                L’appareil reticulé en brique (2) rouge et brune, et le moellon si délicatement sculpté (3) dont cet appareil est rechaussé, font de cette belle partie du château un édifice gothique plein de grâce et d’élégance.

  1. (2)La brique employée sous la domination romaine et aux premiers siècles du moyen-âge avait complètement disparu dans les constructions des 12e et 13e siècles ; elle se montra de nouveau dans les 15e et 16e siècle.
  2. (3)L’admirable légèreté, qui a présidé aux ciselures et sculptures, se fait plus particulièrement remarquer sur une porte murée de l’arrière-cour. Des arabesques, des rinceaux, des moulures imitées de l’architecture antique, des médaillons dans lesquels sont en demi-relief des têtes de guerriers romains, présentent des ornements d’une grande perfection, empruntés au 4e style ogival. Le temps ne les a que faiblement endommagés.

Catherine de Courtarvel leur fille, dame de Saint-Agil, épousa en 1665 Germain Texier, comte d’Hautefeuille, dont postérité. MM. d’Hautefeuille vendirent depuis la terre de Saint-Agil à MM. Angran d’Alleray, vers 1700, lesquels la vendirent à M. Gilbert, notaire à Paris. M. Cellière, ancien fournisseur des armées, devenu ensuite propriétaire de cette terre par son mariage avec Mlle Gilbert, l’a revendue à MM. de Saint-Maixent, possesseurs actuels.

                Le bon goût qui n’a cessé de présider à l’embellissement de Saint-Agil, n’a point négligé les dehors qui sont étendus, agréables et variés, des bois, des bosquets toujours frais ; des pelouses parsemées de groupes et de massifs d’arbres toujours verts ; de délicieux ombrages ; de magnifiques berceaux, de gracieux sentiers, de charmantes fabriques (1), savent amuser, recréer le promeneur et lui ménager des surprises nouvelles.

  1. (1)Nous citerons, entre autres, la jolie chaumière érigée, dans un des bosquets, par les soins de M. le marquis et de Mme la marquise de B…, beau-frère et sœur de Mme de Saint-M… L’inauguration de cette chaumière se fit le 18 juin 1831, et donna lieu à une charmante fête à laquelle furent invitées plusieurs personnes du voisinage. Une pastorale de circonstance fut jouée dans les bosquets à l’entrée même du champêtre édifice. Un berger de la contrée joignit aux fleurs qu’il apporta les couplets que voici :

AIR : Avec les jeux dans le village.

Comme berger de la contrée,

J’apporte mes faibles tributs ;

A la chaumière inaugurée

J’ajoute quelques fleurs de plus…

Mes couplets seraient sûrs de plaire,

Ici, chacun en conviendra,

Si tous les vers que j’aime à faire

Valaient un souris d’AMICA.

Laissons dormir la politique

Qui rembrunit notre avenir ;

Ce n’est que sous un toit rustique

Qu’on trouve la paix, le plaisir :

Dans une modeste chaumière

Un berger toujours se plaira,

S’il y rencontre une bergère

Gracieuse comme AMICA.

Ce réduit que chacun contemple

Est à bon droit apprécié ;

N’est-il pas en effet le temple

Que s’est érigé l’amitié ?

Sous ces ombrages agréables

Cet édifice redira

Les noms charmants, inséparables

De LUDOVIC et d’AMICA…

C’est à votre présence heureuse

Qu’on doit un refuge si doux ;

C’est là que l’amitié rêveuse

Viendra souvent penser à vous ;

Mais privés de votre présence,

Votre œuvre au moins nous restera

Pour s’embellir en votre absence

Du doux souvenir d’AMICA.

Des Grâces cette solitude

Deviendra souvent le séjour ;

Les doux charmes qu’offre l’étude

Viendront l’embellir à leur tour :

Les ris, les jeux sauront s’y plaire

Dès qu’ARMANDINE y paraîtra…

C’est là le cortège ordinaire

De l’aimable sœur d’AMICA.

                Une autre fabrique, dont la nature seule a fait les frais, et le tronc colossal d’un vieux chêne, appelé « trogne » dans le pays. Creusée par le temps, mutilée dans sa base, cette antique végétation ne couronne plus sa tête chauve que d’une verdure d’emprunt… Promeneur, qui égarez vos pas et vos rêveries de ce côté, défiez-vous de ce chêne caduc ; sous son écorce ridée. Desséchée et sans vie, se chache peut-untre un jeune et gracieux minois. Le vieil arbre, en s’ouvrant tout-à-coup, peut réaliser, à vos yeux surpris, une de ces charmantes Hamadryades rêvées autrefois par l’ingénieuse mythologie.

-          Superficie communale, 1,508 hect. 95 ares 44 cent., dont 1,217 hect. 65 ares 70.cent. en terres labourables, et 141 hect. 60 ares 50 cent. en bois taillis. On compte 27 métairies, 34 bordages et 9 hameaux.

-         Assolement quatriennal pour la culture. On ensemence le quart des terres labourables. Les produits des céréales donnent communément 6 pour 1 ; ils sont plus que suffisants pour les besoins de la commune.

-          Revenu imposable des propriétés bâties et non bâties, 24,430 francs 80 centimes.

-          Total des contributions, 6,630 francs 32 centimes.

-          Antiquités. On a trouvé dans cette commune, en creusant le sol, un grand nombre de médailles, ou deniers d’argent, des 10e et 11e siècles, dont plusieurs semblent avoir été fabriquées par les barons de Mondoubleau.

-          Saint-Agil possède un desservant, une résidence de notaire, une école primaire pour les garçons, et un débit de tabac.

-          Perception de Souday.

-          Fréquentation des marchés de Mondoubleau et de Courtalin.

D’après Nouvelle Edition: ESSAI HISTORIQUE ET STATISTIQUE sur LE CANTON ET LA VILLE DE MONDOUBLEAU PAR M DE BEAUVAIS DE St-PAUL.

 

L'église

 

L’église Saint-Agil Saint-Fiacre de Saint-Agil est un monument caractéristique du Perche Vendômois. Edifiée au 12èmesiècle, adossée aux dépendances du château, elle fut reconstruite et élargie au début du 16ème siècle. Elle est flanquée au sud d’une chapelle seigneuriale de deux travées s’ouvrant sur la nef par deux arcades moulurées en plein cintre. Ses voûtes d’ogive, à huit nervures sont ornées chacune de quatre clefs pendantes sculptées.
Le clocher, reconstruit en 1886 en un gracieux édifice roman, présente au dessus de sa base en roussard un mélange harmonieux de brique et de pierre.
L’église possède une très jolie entrée de chœur style renaissance. Certains vitraux, les boiseries du chœur, les retables et le bénitier sont classés.

D'après un manuscrit de l'abbé Brès, curé de Souday au XVIIIe siècle, la fondation de la paroisse de Saint-Agil en 809 serait mentionnée dans un titre de l'abbaye de Saint-Avit de Châteaudun, mais celui-ci n'a pu être retrouvé dans le cartulaire de cette abbaye. En tout cas l'église fut donnée à l'abbaye de Saint-Avit par Mathieu de Saint-Agil, entre 1112 et 1137 selon les uns, ou plutôt vers 1035 selon R. de Saint-Venant. Un prieuré de Saint-Avit y subsista jusqu'en 1670.

L'église actuelle, de plan rectangulaire, a succédé à un édifice du XIIe siècle. Le chevet plat et le mur nord, pourvu de fenêtres romanes et de contreforts peu saillants, datent de cette époque. Elle fut reconstruite et probablement élargie dans la première moitié du XVIe siècle. Elle fut alors couverte d'un beau lambris, dont les entraits portent les armes des la Vove, seigneurs de Saint-Agil, qui construisaient en même temps le château voisin, un des plus intéressants de cette région. L'église est d'ailleurs flanquée au sud d'une chapelle seigneuriale de deux travées s'ouvrant sur la nef par deux arcades moulurées en plein cintre : ses voûtes d'ogives, à huit nervures aboutissant aux quatre sommets d'un losange central, sont ornées chacune de quatre clefs pendantes sculptées, dont une porte aussi les armes des la Vove ; on lit sur sa porte la date de 1547. L'église est actuellement précédée d'un clocher élevé en 1886 par M. Travaillard, architecte à Saint-Calais.


Décoration et mobilier

 

Une fenêtre au sud du choeur a conservé un vitrail du XVIe siècle en partie restauré, représentant Saint-Agil et Saint-Fiacre, et l'une des fenêtres de la chapelle seigneuriales en possède un autre, représentant la Nativité, l'Adoration des bergers et l'Adoration des mages ; l'autre fenêtre de cette chapelle à un vitrail moderne conservant quelques fragments anciens dans les mouchettes. Le choeur a été garni d'un décor de boiseries comprenant une arcade d'entrée surmontée d'un crucifix, des stalles, une table de communion et un retable, ce dernier daté de 1734. On peut encore signaler un bénitier orné de balustres et d'une tête de mort (1552), la poétique épitaphe de Catherine-Geneviève de Verthamont (1740), un tableau représentant une martyre (XVIIe siècle), une console Louis XV et un lustre en verre de Venise.

 

Extrait du Beauvais de Saint-Paul APPENDICE 2                             Extrait du Beauvais de Saint-Paul